Madagascar suit le processus de développement rapide et durable selon la recommandation du MAP (Madagascar Action Plan). La réduction de la pauvreté et le développement rural font partie de la politique générale de l’Etat. Les régions Analanjirofo et Atsinanana ont une vocation économique énorme nous permettant d’entrer dans la révolution verte. La forte potentialité agricole est justifiée par un climat adéquat et un sol adapté. Toutefois, elles font parties des régions les plus pauvres du pays avec 85% de population rurale à faible revenu.
L’aggravation, très sensible, de la pauvreté rurale dans les régions Analanjirofo et Atsinanana, a, outre des causes conjoncturelles (crise politique et fréquence inhabituelle des cyclones au cours des dernières années), des causes structurelles profondes : stagnation des cultures de rente, en raison du vieillissement, du non-renouvellement et du manque d’entretien des plantations, baisse de la qualité, chute des cours sur certains produits (notamment le café), baisse de la part des prix FOB revenant au producteur, du fait des difficultés croissantes de collecte et de l’inefficience des systèmes commerciaux.
Cet appauvrissement entraîne un certain nombre de phénomènes aggravants, qui nourrissent la spirale de pauvreté : résignation du monde rural ; rétrécissement du marché local ; dépendance accrue des ruraux vis-à-vis du circuit financier informel ; tendance des exportateurs à l’attentisme. Les dysfonctionnements des circuits commerciaux jouent une part importante dans le processus de dégradation, et tiennent principalement à l’absence d’une chaîne intégrée ou continue de commercialisation reliant le producteur à l’exportateur, d’où il résulte des circuits longs et onéreux, la non valorisation de la qualité, la mauvaise transmission aux producteurs des signaux du marché, une collecte irrégulière et insuffisamment concurrentielle, des prix d’achat faibles et aléatoires. Ces dysfonctionnements pénalisent les opérateurs commerciaux aussi bien que les producteurs, et notamment les plus vulnérables d’entre eux.
Les atouts pour le développement de la région sont cependant substantiels : la région a une vocation naturelle affirmée pour une large variété de cultures d’exportation, et les potentialités d’amélioration sont importantes. Les performances des cultures vivrières sont également largement améliorables et les marchés locaux loin d’être saturés. La matérialisation de ces potentiels exige que soit inversée la spirale d’appauvrissement, ce qui implique :
(a) que les contraintes qui pèsent sur les producteurs (faible accès au marché, au financement, au savoir-faire, enclavement, contraintes foncières) soient réduites ;
(b) que le sentiment ambiant de résignation soit dépassé, au profit de la prise de conscience d’intérêts solidaires, au niveau des communautés rurales et au sein des filières de produits.
Des résultats rapides en termes d’accroissement de revenus pourraient en particulier être obtenus sur les cultures d’exportation, dans la mesure où l’on parvient à améliorer l’accès des producteurs au marché et à restaurer le lien entre producteurs et opérateurs commerciaux.