SOMMAIRE
Introduction
Les piments sont essentiellement destinés à la production de condiments et d’épices pour la cuisine. Certaines régions du monde sont de grandes consommatrices de piment (Amérique du sud). La Capsicine, un alcaloïde, est un métabolite qui caractérise le piment. Il confère le goût piquant ainsi que des propriétés anti-oxydantes.
Le piment permet ainsi de produire certains métabolites secondaires d’intérêt.
A Madagascar, les régions d’Anjozorobe, Fénerive Est, Itasy, Vakinankaratra et Lac Alaotra produisent du piment. Il est difficile d’estimer la production moyenne pour Madagascar, elle serait de 75 à 100 T (Source : MAEP/DSSE, 2004).
Les variétés cultivées sont le piment pili pili et bec d’oiseau. Le rendement moyen est de 1.2 à 2 T/Ha de piment sec. (à noter : il faut entre 2,5 et 4 kg de fruits mûrs frais pour 1kg de piments secs)
Le prix moyen aux producteurs varie de 1.04 à 2.08 USD/ kg selon l’éloignement des centres de collecte et la qualité de produit (Source : Bamex).
Tendances des prix CIF Europe (USD/T)
2004 : 4 000
2005 : 3 500
Source : The Public Ledger
Les principales contraintes rencontrées au niveau national sont le manque d’intrants agricoles (insuffisance de production de semences surtout les gammes améliorées, système d’approvisionnement des engrais défaillant), l’inexistence de mécanismes de financement pour les producteurs et les exportateurs, un système de commercialisation désorganisé entraînant des prix non attractifs pour les producteurs.
Dans la région Analanjirofo (Fénerive Est), la filière est en cours de structuration, elle est actuellement soutenue par le Programme de Promotion des Revenus Ruraux (PPRR).
Systèmes de culture :
On peut distinguer deux systèmes de culture :
Culture villageoise : comportant 10 à 100 pieds de piments pili pili. La production est destinée à l’autoconsommation et à la vente. Les pieds peuvent être de bonne présentation quand ils bénéficient de matière organique apportée par les déchets ménagers.
Culture semi extensive (micro entrepreneurs) : les plantations ont des tailles plus importantes, plus de 700 pieds, elles sont entretenues. Elles sont constituées d’une seule variété et la production est principalement destinée à la vente.
Les régions Analanjirofo et Atsinanana produisent environ 21 T de piment à partir de 30 ha de culture.
La production a une vocation d’export.
La filière est petite en terme de volume et se structure autour d’un nombre limité d’intervenants : producteurs, exportateurs, voir intermédiaires (boutiquiers, grossistes).
Le piment est une culture récemment implantée sur la côte Est (FAO dans les année 80).
C’est un produit stratégique car une fois implantés, les pieds donnent des piments tout au long de l’année. Cet aspect est particulièrement intéressant lors de la période de soudure. Le piment apporte un revenu supplémentaire qui permet de gérer les moments difficiles.
Cependant, de nombreux problèmes résident : le niveau de production est faible, les volumes dégagés intéressent encore peu les exportateurs qui souhaitent des quantités équivalentes à plusieurs dizaines de tonnes par livraison.
Pour le piment frais (rouge et vert), nécessitant une logistique rapide pour garantir la fraîcheur du produit, l’éloignement est un facteur très limitant. La région d’Analanjirofo est à plus d’une heure de route des principaux exportateurs de Tamatave. (Les exportateurs ne souhaitent généralement pas intervenir dans des zones de production situées à plus d’une heure de route). La région d’Analanjirofo est donc à la limite de la zone d’intervention des opérateurs mais possède néanmoins un réseau routier plutôt satisfaisant pour le pays.
La qualité des produits atteint progressivement un niveau satisfaisant pour le piment rouge sec.
Les acteurs clés (producteur, collecteur, grossiste, vendeur)

La culture est encore mal maîtrisée du fait de sa récente introduction.
Des organes de conseil se chargent de diffuser les informations techniques. Les prestataires du PPRR sont les principaux intervenants : ils apportent de nouvelles connaissances aux producteurs ; itinéraire technique et gestion de la qualité. Certains agriculteurs endossent également le rôle de paysans vulgarisateurs.
Des micro entrepreneurs, maîtrisant bien la culture, offrent des exemples concrets, visibles pour les paysans.
Des organismes techniques tels que le Centre Technique Horticole de Tamatave (CTHT) fournissent des semences et travaillent sur l’amélioration de la culture du piment. Le CTHT propose des documents accessibles pour les agriculteurs et très documentés pour les organismes de conseil. Le PSDR a également participé à la vulgarisation dans la région.
Les techniques diffusées sont modernes et visent des rendements élevés adaptés aux petites surfaces des producteurs de la région (optimisation du patrimoine foncier). Les paysans démarrent ainsi cette nouvelle culture sur des bases actuelles. L’utilisation de pépinières de semi est banalisée. L’ombrage des parcelles de piment n’est pas toujours respecté et la fertilisation n’est pas encore intégrée aux itinéraires techniques. La fabrication artisanale de compost est encore limitée.
Les outils traditionnellement employés par les agriculteurs sont adaptés à la culture du piment et sont manuels (travail du sol, paniers de récolte)
FILIERE PIMENT : ACTEURS ET FLUX DE PRODUIT (REGION ANALANJIROFO)

|
Eléments historiques |
La culture du piment est récente dans la région (début dans les années 80), elle est relancée depuis deux ans par le PPRR dans la région de Fénérive Est. |
|
Les différents acteurs |
-143 producteurs de piment sont recensés sur le pôle d’Amapsina Maningory. |
|
Les différents niveaux de la filière |
-Production |
|
Les différentes techniques utilisées |
Culture moderne, utilisation de semences du CTHT, vulgarisation des pratiques culturales et de l’utilisation de fumure organique (compostage) |
|
Niveau d’équipements moyens |
Le niveau d’équipement requis est faible et ne constitue pas une condition essentielle à la production (machette, trident, pioche, pelle, arrosoir, sécateur, panier, gants) |
|
Les structures et modes d’organisation des acteurs |
Les producteurs s’organisent en organisation paysanne et en unions de producteur. |
|
Main d’œuvre utilisée |
La main d’œuvre employée pour la culture est souvent familiale. La rentabilité des exploitations ne permet pas le recours à une main d’œuvre externe. |
|
Les sous filières en amont |
Semences et produits phytosanitaires. |
|
Les sous filières en aval |
Le transport |
|
Nombre de cycle de production par an |
Production possible tout au long de l’année (pic de production ) |
|
Production annuelle |
6 Tonnes |
|
Sous produits |
Piment en saumure (pas encore développé) |
|
Inventaire des coûts |
|
|
Coût de revient/ producteur |
Compte d’exploitation |
|
Rentabilité (VA brute) |
Compte d’exploitation |
|
CA moyen par producteur |
Compte d’exploitation |
|
Production moyenne par producteur/ an |
42 Kg |
|
Marchés |
Les débouchés à l’export existent, ils sont accessibles si les niveaux de production sont suffisants. En 2005 l’exportation de la production malgache était tournée entièrement vers la France (La Réunion) qui reste le principal partenaire à l’heure actuelle. Marché national demandeur, proximité de l’île Sainte Marie (restaurateurs) |
|
Points critiques |
La production n’a pas encore atteint un seuil critique nécessaire pour fidéliser les exportateurs. |
|
Forces |
La qualité des produits est de mieux en mieux maîtrisée (pour les critères calibre et couleur). Des efforts sont faits sur le triage des produits. |
|
Faiblesses |
Le séchage du piment est effectué de façon traditionnel, il n’est pas toujours optimum (humidité relative de la région). Le piment n’est pas une culture prioritaire pour les producteurs. Les pieds sont souvent laissés à l’abandon (après les périodes de cyclones) Une production asiatique très compétitive concurrence les exportations malgaches. |
|
Opportunités |
Les opportunités de marché sont nombreuses notamment le marché réunionnais demandeur. |
|
Menaces |
L’abandon massif d’une culture contraignante pour les très petits producteurs (découragement) |
|
Les organismes d’appui |
Le PPRR, les organismes d’appui prestataires CSA (ex : Fafiala) |
|
Catégorie |
Caractéristiques |
Contraintes |
Stratégies |
Propositions d’actions |
|
Vulnérable (env. 70%) |
Surface cultivée très faible : quelques dizaine de pieds |
-Capacité de financement très faible |
-vente auprès du CAM |
-Réorienter la production vers des marchés plus locaux (si possible) |
|
A potentiel |
Surface cultivée faible : env. une centaine de pieds |
-Capacité de financement très faible |
-Vente auprès du CAM |
Encourager la poursuite de la culture qui peut toujours être un complément pour le revenu des agriculteurs |
|
Avancé, micro-entrepreneurs |
-Surface raisonnable. Motivation pour adopter la culture |
-Capacité de financement faible |
-Vente auprès du CAM |
-Encourager la poursuite de la culture qui peut toujours être un complément pour le revenu des agriculteurs |
Données sur les planteurs intégrés au PPRR 2007 :
|
nombre total de membres recensés |
144 |
|
nombre de membres producteurs de piment |
73 |
|
nombre de membres abandonnant du piment |
71 |
|
pourcentage d’abandon |
49,31% |
|
surface moyenne chez les membres produisant en 2007 (are) |
2,83 |
|
bénéfice moy théorique par hectare (Ar) |
239831,5 |
|
bénéfice moy théorique par producteur actif en 2007 (Ar) |
6787,2 |
|
bénéfice moy théorique par producteur actif en 2007 (plus grand exploitant) |
47966,3 |
|
bénéfice moy théorique par producteur actif en 2007 (plus petit exploitant) |
599,6 |
Valeurs extraites des données du PPRR
On constate qu’en 2007 près de 50% des planteurs ont abandonné la culture de piment suite aux cyclones. Le bénéfice moyen est de 6787 Ar par producteur (env. US$ 3), ce qui est encore très faible.
Compte d’exploitation par année
Nb de groupement de producteurs : 21
Surface cultivée (ha) : 2
|
Année 1 |
Année 2 |
Année 3 |
Année 4 |
Année 5 |
|
RECETTES |
|||||
|
Vente |
750 000 |
2250000 |
3000000 |
3000000 |
3000000 |
|
Résultat (perte) |
3 247 377 |
0 |
0 |
0 |
0 |
TOTAL |
3 997 377 |
2 250 000 |
3 000 000 |
3 000 000 |
3 000 000 |
DEPENSES |
|||||
|
1. Coût d’intrants |
|||||
|
Semence |
200 000 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Fumures |
64 000 |
32 000 |
32 000 |
32 000 |
32 000 |
|
Insecticide |
230 640 |
23 000 |
23 000 |
23 000 |
23 000 |
|
2. Coût de Main d’œuvre |
|||||
|
Préparation de pépinière (Semis, arrosage, sarclage,…) |
7 500 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Nettoyage + Labour |
750 000 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Trouaison |
1 200 000 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Transplantation + Mélange de fumure |
450 000 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Sarclage |
36 000 |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
3 600 |
|
Arrosage |
45 000 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Récolte |
675 000 |
1 012 500 |
2 025 000 |
2 025 000 |
2 025 000 |
|
Séchage |
45 000 |
67 500 |
90 000 |
90 000 |
90 000 |
|
3. Amortissements |
294 237 |
294 237 |
294 237 |
294 237 |
294 237 |
|
Résultat (Bénéfice) |
479 663 |
||||
TOTAL |
3 997 377 |
1770337 |
3142837 |
3142837 |
3142837 |
Arbre de décision
| Filière Piment |