Le riz est un des piliers de l’agriculture malgache, il couvre 1,4 millions d’hectares sur la grande île, représente 12% du PIB de Madagascar et 43% du PIB agricole du pays. La valeur ajoutée constituée totalise plus de 500 milliards d’Ariary (290 millions USD), le secteur emploi directement 970 000 personnes et indirectement, dans les filières en aval, 70 000 malgaches.

Le riz est l’espèce la plus cultivée dans la région d’Analanjirofo et fait partie du quotidien des malgaches. Les conditions pédoclimatiques de la côte Est se prêtent très bien à sa culture. Néanmoins la production suffit à peine à satisfaire la consommation locale.
Le riz est une culture incontournable dans la région d’Analanjirofo. Cette céréale est la base de l’alimentation des malgaches. Ils sont d’ailleurs les plus grand consommateurs au monde avec 180 Kg de paddy (120 de riz blanc) /pers /an.
Le riz est produit dans les zones à potentiel rizicole (présence d’eau en abondance). Presque tous les agriculteurs cultivent le riz et constitue généralement la principale source de revenus et d’alimentation.
D’après les derniers recensements, seuls 28% des agriculteurs, en grande partie des hautes terres, usent de techniques modernes. La politique de taxation des engrais limite de plus leur emploi essentiel dans ces systèmes de culture.
Les cycles végétatifs couvrent des périodes de soudures qui restent difficiles à surmonter pour les familles rurales (épuisement des stocks de provision) mais plus généralement pour l’ensemble des ménages de la région (hausse significative du prix du riz).
Le potentiel agronomique de la région est élevé mais les surfaces viennent à manquer : sont en cause la demande croissante (croissance démographique croissante et donc consommation accrue) et le partage du patrimoine foncier entre les enfants d’une même famille.
Cette limitation spatiale incite certains paysans à cultiver le riz sur tavy, ce qui altère évidemment le patrimoine écologique de la région (la culture du riz n’est pas le seul motif du recours au tavy)
De nombreux districts ne sont pas auto-suffisants en riz, la production est destinée à la consommation locale uniquement. Le paysage de l’économie du riz se limite donc aux agriculteurs, aux collecteurs (voire collecteurs grossistes) qui exécutent notamment le décorticage (seuls à disposer des équipements nécessaires). La production transformée est écoulée sur les marchés locaux.
Les détaillants et épiciers pratiquent des prix homogènes qui varient beaucoup d’une saison à l’autre mais peu d’une zone à une autre.
|
OPERATIONS |
JAN |
FEV |
MAR |
AVR |
MAI |
JUIN |
JUIL |
AOUT |
SEPT |
OCT |
NOV |
DEC |
|||||||||||||
|
RIZ IRRIGUE |
préparation sol |
||||||||||||||||||||||||
|
semis |
|||||||||||||||||||||||||
|
repiquage plantation |
|||||||||||||||||||||||||
|
entretien |
|||||||||||||||||||||||||
|
récolte |
|||||||||||||||||||||||||
|
RIZ PLUVIAL |
préparation sol |
||||||||||||||||||||||||
|
semis |
|||||||||||||||||||||||||
|
entretien |
|||||||||||||||||||||||||
|
récolte |
|||||||||||||||||||||||||
La maîtrise de l’eau autorise la pratique de la culture irriguée. Les aménagements nécessaires (canaux, rétentions d’eau) sont réalisés efficacement par les riziculteurs. La création de pépinières de plants, préalable à la plantation, est généralisée. L’emploi de semences améliorées reste marginal, les semences sont fermières essentiellement, issues des récoltes précédentes.
Les sols sont peu travaillés, le sol piétiné par les zébus est quasiment la seul technique adoptée.
Les agriculteurs n’usent pas de fertilisants, même organiques. Les produits chimiques n’entrent pas dans les itinéraires culturaux. Le désherbage, peu pratiqué, se décline simplement en un sarclage manuel.
La récolte est manuelle. Certaines pratiques traditionnelles encouragent encore les agriculteurs à une coupe « panicule par panicule » ce qui limite considérablement la productivité des chantiers de récolte.
Les rendements, compte tenu du manque d’entretien et du faible emploi des intrants, demeurent faibles. La première saison fournit en général 500 à 600 Kg de riz par Ha, la seconde offre de 1 à 2,2 T de riz par Ha (certaines régions de Madagascar atteignent 10 Tonnes/ha).
Les agriculteurs sont culturellement très attachés aux techniques traditionnelles et sont ainsi peu enclin à l’adoption de méthodes alternatives.
L’outillage employé est réduit : les travaux les plus importants sont manuels (récolte à la faucille) ou réalisés par des zébus (préparation du sol par piétinement). La commercialisation d’agro-fournitures est quasi inexistante.
La production est essentiellement destinée aux marchés locaux, les circuits sont courts et ne comptent pas plus d’un ou deux intermédiaires (collecteurs/grossistes). Les agglomérations de la région sont les plus gros pôles de vente (marchés traditionnels).
Le transport du riz prêt à consommer est mené par les collecteurs qui disposent de véhicules adaptés. Le riz est conditionné en sacs de polyéthylène.
Bien que les zones côtières soient plus rurale que la région d’Antananarivo, elle importent beaucoup plus de riz que la capitale de Madagascar. La grande agglomération des Hautes Terre utilise à 98% du riz malgache. Le manque de riz « national » dans les autres régions, comme l’Analanjirofo, implique le recours au riz blanc importé du Pakistan ou d’Inde (« stock tampon »). Ce dernier, de qualité médiocre, apparaît sur les marchés notamment lors les périodes de soudure durant lesquelles le riz local tend à manquer (surtout dans les zones faiblement autosuffisantes).

|
Eléments historiques |
Le riz est une espèce cultivée depuis le 4ème siècle à Madagascar. Le riz est un élément indissociable de la culture malgache |
|
Les différents acteurs |
La filière est très courte, elle est composée essentiellement des producteurs, des collecteurs / boutiquiers et des épiciers |
|
Les différents niveaux de la filière |
On distingue plusieurs niveaux d’importance différente : la production (forte), la transformation (faible), la distribution (forte) |
|
Les différentes techniques utilisées |
La culture du riz reste traditionnelle dans la région. Il s’agit essentiellement de culture de bas-fonds et de plaines. |
|
Niveau d’équipements moyens |
Le niveau d’équipement est faible, les zébus sont souvent utilisés pour le travail du sol. Les outils manuels type pioches, pelles sont couramment employés pour les travaux d’irrigation et de terrassement. |
|
Les structures et modes d’organisation des acteurs |
Les producteurs ne sont généralement pas regroupés au sein de coopératives, les exploitations sont familiales, la production est cédée aux collecteurs |
|
Main d’œuvre utilisée |
La main d’œuvre reste essentiellement familiale, le recours à la main d’œuvre extérieure reste faible |
|
Les sous filières en amont |
Les agriculteurs n’utilisent véritablement pas de fournitures agricoles. La filière amont est quasi inexistante |
|
Les sous filières en aval |
Les boutiquiers possèdent souvent des unités de décorticage permettant de transformer le paddy en riz blanc prêt à la consommation |
|
Nombre de cycle par an |
Deux récoltes sont possibles (1 seule dans les zones à l’extrême ouest de la région) : la plus productive a lieu en juin et une moins abondante en janvier |
|
Production annuelle |
La production annuelle se situe entre 1,5 tonnes et 2,8 tonnes de paddy par ha |
|
Sous produits |
Le son issu du décorticage peut rentrer dans la composition de provendes (volailles, porcs) |
|
Inventaire des coûts |
Semences ; Autres intrants ; Main d’œuvre ; Décorticage |
|
Coût de revient/ producteur |
|
|
Rentabilité (VA brute) |
|
|
CA moyen par producteur |
|
|
Production moyenne par producteur |
|
|
Production totale / an |
|
|
Production totale sous produits |
|
|
Marchés |
Le marché est essentiellement local (marchés communaux) |
|
Points critiques |
La transparence des échanges producteurs / collecteurs |
|
Forces |
Les paysans maîtrisent un minimum l’eau Le riz de la région est de bonne voire très bonne qualité |
|
Faiblesses |
La construction de terrasses reste mineure Les agriculteurs n’ont pas recours aux intrants |
|
Opportunités |
Le marché local est favorable pour ce produit de première nécessité puisque la demande y est croissante, d’autres régions de Madagascar sont déficitaires et sont également demandeuses de riz |
|
Menaces |
La culture sur tavy reste présente dans la région (menaces écologiques : érosion, lessivage, déforestation) Un riz d’importation moins cher que le riz local à certaines périodes de l’année |
|
Les organismes d’appui |
PADR (Plan d’action pour le Développement Rural) PSDR (Programme de Soutien au Développement Rural) FOFIFA (Centre national de la recherche appliquée au développement rural) |
Profil des organisations à mettre en place
Catégorie |
Caractéristiques |
Contraintes |
Stratégies |
Propositions d’actions |
|
Vulnérable |
-Faibles surfaces cultivée -Capacité d’investissement très faible |
-Limitation des superficies -Manque de dispositif d’irrigation |
-Vente partielle aux CAM/collecteurs |
-Encourager les interventions simples permettant un gain de productivité -Favoriser l’intégration de ces producteurs dans des structures coopératives (vente plus sécurisée ; vente lorsque les prix sont plus élevés) |
|
A potentiel |
-Surfaces disponibles convenables -Main d’œuvre familiale |
-Manque de technicité |
-Vente partielle aux CAM/collecteurs -Recours aux décortiqueries mises à disposition par les collecteurs (manque de transparence des tarifs) |
-Engager la vulgarisation |
|
Avancé |
-Surfaces disponibles supérieures à la moyenne |
-Manque de technicité |
-Vente partielle, autoconsommation importante -Vente d’une partie de la récolte en fin de campagne |
-Encourager l’achat d’intrants |
Compte d’exploitation traditionnel
Compte d’exploitation filière améliorée
Analyse des contraintes de la filière
Contraintes physiques :
Contraintes techniques :
Contraintes économiques :
Contraintes institutionnelles :
Remarque : une grande insécurité d’exploitation agricole (vols, contraintes socio-religieuses) a été ressentie depuis quelques années