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Riziculture

ANALYSE DE LA FILIERE RIZ (année 2007)

  1. Acteurs et flux de produits
    1. Contexte de la filière
    2. Pratique traditionnelle
    3. Problèmes rencontrés
    4. Acteurs clé
    5. Techniques
    6. Pratiques, outillage, approvisionnement
    7. Circuits de vente
    8. Transport
    9. Importations
    10. Schéma des acteurs de la filière et des flux de produit(région) %
  2. Profil de la filière
  3. Profil des organisations à mettre en place
  4. Compte d’exploitation
  5. Analyse des contraintes de la filière

Le riz est un des piliers de l’agriculture malgache, il couvre 1,4 millions d’hectares sur la grande île, représente 12% du PIB de Madagascar et 43% du PIB agricole du pays. La valeur ajoutée constituée totalise plus de 500 milliards d’Ariary (290 millions USD), le secteur emploi directement 970 000 personnes et indirectement, dans les filières en aval, 70 000 malgaches.

  1. production de riz dans la région d’Analanjirofo

Le riz est l’espèce la plus cultivée dans la région d’Analanjirofo et fait partie du quotidien des malgaches. Les conditions pédoclimatiques de la côte Est se prêtent très bien à sa culture. Néanmoins la production suffit à peine à satisfaire la consommation locale.

Acteurs et flux de produits

Contexte de la filière

Le riz est une culture incontournable dans la région d’Analanjirofo. Cette céréale est la base de l’alimentation des malgaches. Ils sont d’ailleurs les plus grand consommateurs au monde avec 180 Kg de paddy (120 de riz blanc) /pers /an.

Pratique traditionnelle

Le riz est produit dans les zones à potentiel rizicole (présence d’eau en abondance). Presque tous les agriculteurs cultivent le riz et constitue généralement la principale source de revenus et d’alimentation.

D’après les derniers recensements, seuls 28% des agriculteurs, en grande partie des hautes terres, usent de techniques modernes. La politique de taxation des engrais limite de plus leur emploi essentiel dans ces systèmes de culture.

Problèmes rencontrés

Les cycles végétatifs couvrent des périodes de soudures qui restent difficiles à surmonter pour les familles rurales (épuisement des stocks de provision) mais plus généralement pour l’ensemble des ménages de la région (hausse significative du prix du riz).

Le potentiel agronomique de la région est élevé mais les surfaces viennent à manquer : sont en cause la demande croissante (croissance démographique croissante et donc consommation accrue) et le partage du patrimoine foncier entre les enfants d’une même famille.

Cette limitation spatiale incite certains paysans à cultiver le riz sur tavy, ce qui altère évidemment le patrimoine écologique de la région (la culture du riz n’est pas le seul motif du recours au tavy)

Acteurs clé

De nombreux districts ne sont pas auto-suffisants en riz, la production est destinée à la consommation locale uniquement. Le paysage de l’économie du riz se limite donc aux agriculteurs, aux collecteurs (voire collecteurs grossistes) qui exécutent notamment le décorticage (seuls à disposer des équipements nécessaires). La production transformée est écoulée sur les marchés locaux.

Les détaillants et épiciers pratiquent des prix homogènes qui varient beaucoup d’une saison à l’autre mais peu d’une zone à une autre.

Techniques

 

OPERATIONS

JAN

FEV

MAR

AVR

MAI

JUIN

JUIL

AOUT

SEPT

OCT

NOV

DEC

 

RIZ IRRIGUE

préparation sol

                                               

semis

                                               

repiquage plantation

                                               

entretien

                                               

récolte

                                               
 

RIZ PLUVIAL

préparation sol

                                               

semis

                                               

entretien

                                               

récolte

                                               
 
  1. Calendrier cultural du riz dans la région d’Analanjirofo

Implantation de la culture :

La maîtrise de l’eau autorise la pratique de la culture irriguée. Les aménagements nécessaires (canaux, rétentions d’eau) sont réalisés efficacement par les riziculteurs. La création de pépinières de plants, préalable à la plantation, est généralisée. L’emploi de semences améliorées reste marginal, les semences sont fermières essentiellement, issues des récoltes précédentes.

Travail du sol

Les sols sont peu travaillés, le sol piétiné par les zébus est quasiment la seul technique adoptée.

Fertilisation des sols et entretien des parcelles

Les agriculteurs n’usent pas de fertilisants, même organiques. Les produits chimiques n’entrent pas dans les itinéraires culturaux. Le désherbage, peu pratiqué, se décline simplement en un sarclage manuel.

Récolte et rendements

La récolte est manuelle. Certaines pratiques traditionnelles encouragent encore les agriculteurs à une coupe « panicule par panicule » ce qui limite considérablement la productivité des chantiers de récolte.

Les rendements, compte tenu du manque d’entretien et du faible emploi des intrants, demeurent faibles. La première saison fournit en général 500 à 600 Kg de riz par Ha, la seconde offre de 1 à 2,2 T de riz par Ha (certaines régions de Madagascar atteignent 10 Tonnes/ha).

Diffusion des techniques modernes

Les agriculteurs sont culturellement très attachés aux techniques traditionnelles et sont ainsi peu enclin à l’adoption de méthodes alternatives.

Pratiques, outillage, approvisionnement

L’outillage employé est réduit : les travaux les plus importants sont manuels (récolte à la faucille) ou réalisés par des zébus (préparation du sol par piétinement). La commercialisation d’agro-fournitures est quasi inexistante.
 

Circuits de vente

La production est essentiellement destinée aux marchés locaux, les circuits sont courts et ne comptent pas plus d’un ou deux intermédiaires (collecteurs/grossistes). Les agglomérations de la région sont les plus gros pôles de vente (marchés traditionnels).

Transport

Le transport du riz prêt à consommer est mené par les collecteurs qui disposent de véhicules adaptés. Le riz est conditionné en sacs de polyéthylène.

Importations 

Bien que les zones côtières soient plus rurale que la région d’Antananarivo, elle importent beaucoup plus de riz que la capitale de Madagascar. La grande agglomération des Hautes Terre utilise à 98% du riz malgache. Le manque de riz « national » dans les autres régions, comme l’Analanjirofo, implique le recours au riz blanc importé du Pakistan ou d’Inde (« stock tampon »). Ce dernier, de qualité médiocre, apparaît sur les marchés notamment lors les périodes de soudure durant lesquelles le riz local tend à manquer (surtout dans les zones faiblement autosuffisantes).

Schéma des acteurs de la filière et des flux de produit(région) %

  1.  Profil de la filière

Eléments historiques

Le riz est une espèce cultivée depuis le 4ème siècle à Madagascar. Le riz est un élément indissociable de la culture malgache

Les différents acteurs

La filière est très courte, elle est composée essentiellement des producteurs, des collecteurs / boutiquiers et des épiciers

Les différents niveaux de la filière

On distingue plusieurs niveaux d’importance différente : la production (forte), la transformation (faible), la distribution (forte)

Les différentes techniques utilisées

La culture du riz reste traditionnelle dans la région. Il s’agit essentiellement de culture de bas-fonds et de plaines.
Le travail du sol est sommaire, l’emploi d’intrant quasi inexistant, la récolte s’opère parfois « panicule par panicule »

Niveau d’équipements moyens

Le niveau d’équipement est faible, les zébus sont souvent utilisés pour le travail du sol. Les outils manuels type pioches, pelles sont couramment employés pour les travaux d’irrigation et de terrassement.

Les structures et modes d’organisation des acteurs

Les producteurs ne sont généralement pas regroupés au sein de coopératives, les exploitations sont familiales, la production est cédée aux collecteurs
Les collecteurs sont très bien implantés dans le tissu économique des communes rurales même enclavées et offrent d’autres services que la collecte (fourniture de produits de première nécessité, crédit, paiement en nature)

Main d’œuvre utilisée

La main d’œuvre reste essentiellement familiale, le recours à la main d’œuvre extérieure reste faible

Les sous filières en amont

Les agriculteurs n’utilisent véritablement pas de fournitures agricoles. La filière amont est quasi inexistante

Les sous filières en aval

Les boutiquiers possèdent souvent des unités de décorticage permettant de transformer le paddy en riz blanc prêt à la consommation

Nombre de cycle par an

Deux récoltes sont possibles (1 seule dans les zones à l’extrême ouest de la région) : la plus productive a lieu en juin et une moins abondante en janvier

Production annuelle

La production annuelle se situe entre 1,5 tonnes et 2,8 tonnes de paddy par ha

Sous produits

Le son issu du décorticage peut rentrer dans la composition de provendes (volailles, porcs)

Inventaire des coûts

Semences ; Autres intrants ; Main d’œuvre ; Décorticage

Coût de revient/ producteur

 

Rentabilité (VA brute)

 

CA moyen par producteur

 

Production moyenne par producteur

 

Production totale / an

 

Production totale sous produits

 

Marchés

Le marché est essentiellement local (marchés communaux)

Points critiques

La transparence des échanges producteurs / collecteurs
L’ « acceptation » de nouvelles techniques culturales

Forces

Les paysans maîtrisent un minimum l’eau
Le climat très favorable à la culture du riz autorise deux récoltes par an
La demande de riz est durable et de proximité

Le riz de la région est de bonne voire très bonne qualité

Faiblesses

La construction de terrasses reste mineure
Les semences utilisées ne sont pas performantes (semences fermières)

Les agriculteurs n’ont pas recours aux intrants
L’enclavement de certaines zones productrices

Opportunités

Le marché local est favorable pour ce produit de première nécessité puisque la demande y est croissante, d’autres régions de Madagascar sont déficitaires et sont également demandeuses de riz

Menaces

La culture sur tavy reste présente dans la région (menaces écologiques : érosion, lessivage, déforestation)
L’utilisation d’un matériel végétal qui dégénère

Un riz d’importation moins cher que le riz local à certaines périodes de l’année

Les organismes d’appui

PADR (Plan d’action pour le Développement Rural)

PSDR (Programme de Soutien au Développement Rural)
Structures de Microfinance
PHBM (Programme des Hauts Bassin de Mandraré)
PPRR (Programme de Promotion des Revenus Ruraux)

FOFIFA (Centre national de la recherche appliquée au développement rural)

Profil des organisations à mettre en place

Catégorie

Caractéristiques

Contraintes

Stratégies

Propositions d’actions

Vulnérable

-Faibles surfaces cultivée
-Main d’œuvre familiale exclusivement (+ travail à l’extérieur)

-Capacité d’investissement très faible
-Partie très importante de la récolte destinée à l’autoconsommation

-Limitation des superficies
-Manque de technicité
-Recours inexistant au crédit
-Aucune possibilité d’investissement en foncier et/ou matériel

-Manque de dispositif d’irrigation

-Vente partielle aux CAM/collecteurs
-Recours aux décortiqueries mises à disposition par les collecteurs (manque de transparence des tarifs)
-Vente de presque la totalité de la récolte (sauf partie réservée à l’autoconsommation) en fin de campagne afin de bénéficier immédiatement de liquidités (au prix les plus bas de l’année)

-Encourager les interventions simples permettant un gain de productivité
-Engager la vulgarisation dans ce sens

-Favoriser l’intégration de ces producteurs dans des structures coopératives (vente plus sécurisée ; vente lorsque les prix sont plus élevés)
-Décourager la pratique du tavy

A potentiel

-Surfaces disponibles convenables

-Main d’œuvre familiale
-Récolte suffisante pour une vente de riz aux collecteurs

-Manque de technicité
-Utilisation plus ou moins rationnelle de l’eau
-Recours au crédit très difficile

-Vente partielle aux CAM/collecteurs

-Recours aux décortiqueries mises à disposition par les collecteurs (manque de transparence des tarifs)
-Vente d’une partie de la récolte en fin de campagne afin de bénéficier immédiatement de liquidités (au prix les plus bas de l’année)

-Engager la vulgarisation
-Favoriser l’intégration dans des structures coopératives
(vente plus sécurisée ; vente lorsque les prix sont plus élevés)

Avancé

-Surfaces disponibles supérieures à la moyenne
-Main d’œuvre familiale et extérieure
-Production importante, dépassant largement les besoins de l’autoconsommation

-Manque de technicité
-Utilisation plus ou moins rationnelle de l’eau
-Recours au crédit faible

-Vente partielle, autoconsommation importante
-Vente partielle aux CAM/collecteurs
-Recours aux décortiqueries mises à disposition par les collecteurs (manque de transparence des tarifs)

-Vente d’une partie de la récolte en fin de campagne

-Encourager l’achat d’intrants
-Favoriser l’intégration dans des structures coopératives (augmenter les volumes de la coopérative, susciter l’intérêt des autres producteurs )


Compte d’exploitation

Compte d’exploitation traditionnel
Compte d’exploitation filière améliorée

Analyse des contraintes de la filière

Contraintes physiques :

  1. météorologie défavorable, cyclones et variations importante de l’intensité des pluies
  2. enclavement des zones de production
  3. détérioration de l’environnement naturel et baisse de la fertilité des sols
  4. état défaillant des réseaux d’irrigation
  5. maîtrise de l’eau médiocre

Contraintes techniques :

  1. faible taux d’équipement
  2. faible application d’itinéraires techniques améliorés dus aux problèmes de communication et aux problèmes techniques

Contraintes économiques :

  1. coût élevé de la main d’œuvre
  2. rareté et cherté du crédit, faible diversité des instruments financiers
  3. rareté des terres et insécurité foncière : complexité de la procédure d’acquisition des terres, coût élevé d’acquisition des titres, éloignement du service des Domaines, traitement des dossiers lourd)
  4. déficience des marchés ruraux du riz et compartimentation du marché
  5. stratégie d’autoconsommation et peur du risque financier
  6. concurrence forte du marché international

Contraintes institutionnelles :

  1. concentration des moyens sur l’irrigation et la vulgarisation
  2. lente démarche vers la décentralisation et la déconcentration
  3. une politique fiscale longtemps pénalisante (2002 : mesures fiscales, exemption des droits de douane et taxes d’importation et modification de taux pour les intrants et matériels et équipements agricoles)

Remarque : une grande insécurité d’exploitation agricole (vols, contraintes socio-religieuses) a été ressentie depuis quelques années