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Histoire de vie d’un apiculteur

LE CAS DE KOSY PHILEMON APICULTEUR. Présentation Monsieur Philémon KOSY est un paysan, marié, avec trois enfants : deux filles et un garçon. Il habite dans le village de Rantolava, Ampasina Maningory, Fenerive Est. Il possède une exploitation de petite taille (0,33 ha). L’agriculteur utilise cette surface pour faire pousser du manioc, du riz, de la banane, du maïs, de la patate douce et parfois des produits maraîchers. Il élève également des volailles. Antécédents L’exploitation du miel chez Philémon KOSY a été, toujours, une activité complémentaire. Celle-ci s’est ajoutée aux activités agricoles « traditionnelles » développées dans la ferme. De plus, c’est une activité qu’il a hérité de son père. Il signale que « dans cette région, la plupart des paysans qui font de l’apiculture l’ont hérité de leurs ancêtres » À l’époque, cette activité a été exploitée juste pour l’autoconsommation, et pour ceux qui étaient proches des marchés, une petite partie de la production était destinée à la vente. Ce type d’apiculture est encore pratiqué, et Philémon KOSY était dans cette dynamique avant l’arrivée du PPRR. Sur le plan technique, il a signalé, « j’avais deux colonies et mes ruches étaient simples ». À ceci, il faut ajouter le peu d’investissement qu’il avait mis dans cette activité. À ce moment-là, Monsieur KOSY apportait son produit lui-même aux marchés environnants. Il faisait la vente en vrac chez les épiceries et auprès des collecteurs ambulants. Le prix moyen qu’il recevait à cette époque était de 1400 Ar par litre.

Recadre 1 : L’ancienne apiculture L’apiculteur attrape un essaim sauvage dans la nature et le place dans une caisse, une bombarde en terre cuite ou un tronc d’arbre évidé. À partir des quelques croisillons installés auparavant, les colonies construisent les rayons de cire en les associant et les liant les uns aux autres. Pour la récolte, l’apiculteur doit alors détruire complètement les gâteaux de cire. Il doit tuer la colonie, par asphyxie ou par le feu pour récupérer les rayons. Le miel ainsi obtenu n’est pas de très bonne qualité. Source : http://madabeilles.fr/index.html

Les éléments de blocage. Cet apiculteur a dit qu’il avait deux grands blocages par rapport à l’exploitation du miel : le niveau de technicité et le faible degré d’investissement. Il faut signaler que les matériels apicoles sont chers et ne sont pas financièrement accessibles pour Monsieur KOSY. Il manquait, d’ailleurs, des connaissances techniques nécessaires pour gérer une exploitation de miel moderne. Il avait un type d’expérience empirique, qu’il avait appris lui-même de son père. Ces blocages avaient des effets négatifs sur la qualité et la quantité du produit. KOSY remarque « La plupart du temps, je faisais trop tôt la récolte du miel, et cela n’est pas bon pour le produit car, à ce stade, il contient beaucoup d’eau et ça rend difficile sa conservation ». Au niveau des autres contraintes, il est possible d’ajouter que les ruches ont été peu entretenues et ont été attaquées par des parasites. Les techniques de récolte utilisées perturbaient les colonies. La colonie perdait du temps à reconstituer les plaques une fois la récolte passée ; et les reines pouvaient également être tuées lors des manipulations.Un troisième blocage était lié au manque de débouchés. A cause de la faible qualité du produit et de la façon de le commercialiser (vrac), le prix qu’il recevait n’était pas compétitif. Et parfois, la mesure n’était pas tout à fait exacte. L’appui fourni par PPRR. Philémon KOSY raconte « Mon premier contact avec PPRR c’était pendant une réunion organisée par les techniciens du programme dans la commune, au cours de laquelle ils ont expliqué les buts généraux et les activités à démarrer ». Il a été spécialement attiré par l’idée d’être appuyé dans la production du miel. L’appui reçu par l’apiculteur est le suivant :  Un soutien financier pour l’achat de combinaisons de protection et de matériels (ruches, enfumoirs, lève-cadres).  Un soutien technique pour apprendre à manipuler les nouvelles ruches qui facilitent l’entretien et optimisent la récolte, pour aider à peupler les ruches et à gérer le calendrier de production.  Il a reçu, aussi, une série de formations qui a été focalisée sur les soins du produit après la récolte. Ceci a été destinée à améliorer la qualité de son produit. Pour cela, le miel est extrait par centrifugation, ensuite filtré et stocké dans des seaux en plastique alimentaire, pour le conserver dans de bonnes conditions d’humidité et de température.

Les étapes suivies par l’apiculteur au moment de recevoir l’appui du PPRR Étape 1 : L’organisation paysanne. La première activité démarrée par le PPRR était la création en 2005 d’une Association Paysanne de l’Apiculture. Elle était composée de 10 membres dont Monsieur KOSY. Touts les membres étaient des apiculteurs autodidactes. Étape 2 : Le décollage des travaux. Les techniciens du PPRR se sont rendus à l’exploitation pour, d’abord, définir et organiser toutes les activités et les formations à mettre en place. À ce moment, les parcelles pour héberger les ruches ont été sélectionnées. Étape 3 : La mise en place d’un système continu d’appui et formation technique. Après que le PPRR ait fourni les matériels, un calendrier de visites techniques a été organisé. Pour cela un organisme d’appui (OA) a été employé. Ceci incluait les formations sur la manipulation du produit après la récolte et la recherche de débouchés. Le CAM de Maningory est devenu important sur ce point. Jusqu’à présent toute sa production est commercialisée par le CAM, situation qui lui a permis d’augmenter ses recettes et de contourner les intermédiaires. Cela a permis de trouver des acheteurs directement en ville (á Tamatave).

Étape 5 : L’autonomisation et un appui technique ponctuel. Maintenant, l’équipe PPRR et l’organisme d’appui continuent à donner un appui technique à l’apiculteur. Ce soutien cherche, d’un côté à renforcer leurs capacités pour gérer la production du miel, et d’un autre côté, à améliorer et renforcer leurs connaissances et relations avec les marchés. LES RESULTATS OBTENUS Il est possible d’apercevoir deux types de résultats du travail du PPRR chez Monsieur KOSY.  Au niveau technique, il est clair que cet apiculteur a amélioré ses connaissances et sa façon de travailler avec les abeilles. Le PPRR l’a aidé à évoluer d’une apiculture traditionnelle et peu rentable vers une autre plus moderne. Maintenant, il a 12 ruches à cadre (avant il en avait deux). Il sait, aussi, comme entretenir ce type de ruche et la population d’abeilles qui va avec. En plus, les formations qui ont été fournies pour surveiller la qualité du produit ont eu un effet positif.  En profitant de l’augmentation de qualité de sa production, en plus du travail fourni pour mettre en valeur le produit, de nouvelles possibilités de marché sont apparues. Ceci a été possible grâce au travail du CAM Maningory qui a entraîné une connexion commerciale plus directe entre l’apiculteur et des acheteurs à Tamatave. Ceci a permis d’échapper à plusieurs intermédiaires, situation qui a eu un impact économique positif sur le revenu agricole de Monsieur KOSY. Le cadre suivant fait un résumé des résultats économiques de la production du miel en 2008. Tableau 1 : Résume des informations économiques pour 2008 Source : Paizano, J. (2009) à partir du PPRR et entretien. Il faut signaler deux éléments par rapport au revenu perçu par l’apiculteur en 2008. Le prix reçu a été supérieur à ce qu’il recevait normalement auparavant. Il explique « quand j’avais les anciennes ruches, je vendais le miel mis en bouteilles plastiques, la qualité était moindre, et, la mesure variable, et pour cela le prix accordé chez le collecteur était bas » À cette époque, le prix moyen qu’il recevait par litre était de 1400 Ariary. Un litre (selon la mesure en brousse) contient entre 1.75 et 2 kg. C’est-à-dire, le collecteur ou boutiquiers payaient à l’apiculteur entre le 17,5% et 20% (seulement !!) du prix qu’il a reçu en 2008 au CAM. Il faut noter que ce rapport commercial mettait l’apiculteur dans une situation où il perdait plus de 80% de l’argent. Au-delà de l’augmentation de prix net, il est aussi important à noter que la production a augmenté et a permis à l’apiculteur d’avoir une source de revenu complémentaire et échelonnée tout au long de l’année.

Jairo PAIZANO

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