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Monsieur Sambo, paysan planteur de piment

LE CAS DE MONSIEUR SAMBO PRODUCTEUR DU PIMENT

Présentation Monsieur SAMBO est un paysan Betsimisaraka, marié, avec 3 enfants. Il habite à Vohibinany, Ampasina Maningory. Il est l’un des notables (Tangalamena) du village. Son exploitation agricole est de taille moyenne (5 ha). Il met en place une agriculture diversifiée car il produit du maraîchage, du riz, du litchi, du maïs, du manioc et du haricot. Il fait, aussi, de la pêche traditionnelle et produit du piment. Cette dernière culture a été renforcée par le travail du PPRR. Antécédents La ferme de M. SAMBO est une exploitation avec des caractéristiques typiques de la région. En effet, ses revenus proviennent majoritairement des cultures de rente, qui, malheureusement, sont excessivement dépendantes des fluctuations du marché international, et commercialisées à travers des systèmes très pyramidaux. La production vivrière est destinée majoritairement à l’autoconsommation, à laquelle vient s’ajouter une petite production animale composée de zébu (2), porc (1) et poulets (10). SAMBO remarque « les activités que je mets en place dans ma ferme sont là pour faire vivre ma famille, mais parfois c’est compliquée de s’en sortir ». Par rapport à l’exploitation du Piment dans la ferme de M. SAMBO, il raconte, « j’ai toujours cultivé du piment, mais les plantes s’éparpillaient dans le champ de caféier, giroflier ; il n’y avait pas de superficie spéciale et je ne faisais pas les entretiens nécessaires non plus. Pour cela, les rendements étaient faibles et les revenus que je gagnais étaient limités aussi… même, les oiseaux sauvages attaquaient les plants ». Pour cet agriculteur, la culture de piment était une source de revenu agricole peu importante. La plupart de sa production était destinée à la consommation domestique et à la vente lorsque les acheteurs arrivaient. Cependant, après une discussion avec un technicien du PPRR son avis avait commencé à changer. Cet agent du terrain était arrivé au village pour faire la présentation du PPRR et pour étudier la quantité de cultivateurs de piment existant au sein de la communauté. Ceci faisait partie des activités que PPRR voulait mettre en place pour renforcer la filière piment dans la zone.

Les éléments de blocage. La place limitée que le piment avait dans la ferme de M. SAMBO était liée, principalement, a l’insuffisance de débouchés. Il a fait la remarque suivante « le piment est un produit facilement périssable et l’arrivé des acheteurs, à l’époque, n’étaient pas régulière ; pourtant, il n’était pas possible de produire davantage que ce que je faisais à l’époque » Cela ne motivait pas les agriculteurs en général ni à M. SAMBO à s’engager à la production. De plus, il existait chez l’agriculteur un manque d’encadrement technique convenable. Les cyclones arrivant régulièrement dans la zone, représentent aussi, une forte contrainte pour les cultures mises en place par l’agriculteur. La baisse des rendements productifs est l’effet le plus évident, et cela a un impact direct sur les revenus agricoles. En effet, son revenu a beaucoup varié les trois dernières années à cause des cyclones. L’appui fourni par PPRR.  Un soutien financier pour l’achat des matériels pertinents pour la mise en place des parcelles de piment dans la ferme (outils de travail et semences)  Un soutien technique pour apprendre à l’agriculteur la façon la plus appropriée pour mettre en place les cultures de piments. Ces formations ont été focalisées sur les activités de préparation et d’entretien des parcelles au sein de la ferme ; et également, sur la mise en place des pépinières de piments. Les étapes suivies pour l’agriculteur au moment de recevoir l’appui du PPRR Étape 1 : L’organisation paysanne. À ce moment, l’agriculteur ne faisait partie d’aucune organisation. Donc, le PPRR a appuyé la mise en place d’une OP qui devait regrouper les agriculteurs de piments et d’autres attirés pour démarrer cette production. À l’heure actuelle, l’OP est composée de 8 membres dont Monsieur SAMBO. Étape 2 : Le décollage des travaux. Après avoir défini et organisé toutes les activités, les formations sur la culture de piment ont débuté. Les techniciens du PPRR se sont rendus à l’exploitation pour, d’abord, expliquer les principales techniques de production et d’organisation des parcelles. Le PPRR a fourni des outils tels que pulvérisateurs, brouette, râteaux, fourche et charrue. Étape 3 : La mise en place d’un système continu d’appui et de formation technique. Après que le PPRR ait fourni les matériels, un calendrier de visites techniques a été organisé. Pour cela un organisme d’appui (OA) a été employé. Les visites techniques ont lieu deux fois par mois et portaient sur la préparation de composts, la lutte biologique, la réalisation de plates bandes, la culture et protection des végétaux et la préservation des produits agricoles. Parallèlement, la recherche de débouchés a été faite. Le Centre d’Accès au Marché de Maningory est devenu central sur ce point. Jusqu’à présent toute sa production est commercialisée à travers le CAM.  Étape 5 : L’autonomisation et un appui technique ponctuel. L’équipe PPRR et l’organisme d’appui continuent à fournir un appui technique à cet agriculteur. Ce soutien cherche, d’un côté à renforcer leurs capacités pour maintenir les résultats obtenus, et d’un autre côté, à améliorer et renforcer leurs connaissances et relations avec les marchés. LES RESULTATS OBTENUS  Cette expérience de travail avec le PPRR a permis à M. SAMBO une augmentation des connaissances techniques et des savoirs–faire sur la culture de piment. Ainsi, il a pu connaître le mécanisme de séchage du piment pour augmenter les temps de préservation. Les images suivantes représentent les trois étapes de travail par lesquelles doit passer le piment avant d’être vendu au CAM. 

 Il y a eu, aussi, une diversification des sources économiques à partir desquelles l’agriculteur peut tirer et échelonner son revenu agricole. À titre d’exemple, nous ajoutons un résumé des informations économiques de la ferme (voir tableau 1). Nous voulons attirer l’attention sur la surface affectée pour la culture du piment dans la ferme, de 2005 à 2008 elle n’était que de 0.50 ha. On peut donc dire qu’il y a eu une augmentation de la productivité par ha et par jour travaillé dans l’exploitation de cet agriculteur. Il faut signaler que le PPRR a commencé à travailler avec M. SAMBO à partir de 2006. Ce tableau montre, également, les chiffres économiques entre 2005 (sans l’appui du PPRR) et les autres années où le PPRR est arrivé. La quantité des produits ainsi que les marges brutes obtenues par l’agriculteur ont eu une forte augmentation. Entre 2005 et 2006 la différence est évidente au niveau de la productivité et de la rentabilité économique ; cependant, entre 2006 et 2008 les chiffres montrent une tendance à la diminution sans cependant atteindre le niveau d’avant l’appui du PPRR. Cette baisse a été provoquée par les passages des cyclones sur les parcelles de cultures.

Tableau 1 : Séquence économique des 4 ans derniers

Source : Paizano, J. (2009) à partir du PPRR et entretien.  On a pu apercevoir d’autres résultats concrets dus à l’augmentation des revenus chez M SAMBO. Par exemple, l’argent qu’il a gagné lui a permis de réaliser la construction d’une nouvelle maison en 2007. Par rapport a cela, SAMBO fait la remarque suivante, « je suis content que le PPRR soit venu car le programme m’a donné la possibilité d’avoir une nouvelle maison, plus confortable que celle que j’avais auparaavant, pour moi et ma famille ». Il a pu également employer des personnes du village (jusqu’à 20 personnes) pour du travail agricole dans sa ferme. Il a ainsi contribué à la création d’emplois locaux, même s’ils ne sont que temporaires.

Jairo PAIZANO

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