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Développement intégré : Pour mieux chasser la pauvreté

Sans trop s’y attendre, les paysans du village de Takobola, dans la Commune d’Ampasina Maningory, à Fénérive-Est ont vu leur vie prendre une nouvelle allure depuis l’intervention du PPRR dans leur fokontany depuis 2005. Tout semble vivre en harmonie dans les villages. Les enfants regagnent le chemin de l’école, les grands sont débarrassés du joug de l’analphabétisme, les vieux tout comme les petits sont en bonne santé, chacun produit à leur guise. « Il n’y a pas de souci, tout va pour le mieux, comme si le développement est à notre portée » se vante Marolahy Eistand Vice Président FRAM (Association de parents d’élèves) d’une école de Takobola. Cette satisfaction est partagée par les bénéficiaires du programme dans quinze zones d’intervention du programme dans les régions d’Atsinanana et d’Analanjirofo, dénommées ‘Pôles de développement’.

Développement autour des Pôles Ce nouvel élan est le résultat d’une approche menée par le programme qui consiste à identifier les besoins avec les paysans et développer les activités qui s’y rapportent. « Nous sommes allés vers les gens, identifier leurs soucis quotidiens et demander leurs aspirations », explique le responsable en organisation paysanne du programme Zafy Martin. Des études et analyses ont immédiatement suivi pour déboucher sur différents microprojets selon la demande de chaque localité. Le programme a préconisé un développement autour des quinze pôles de développement. La stratégie adoptée s’inscrit dans l’essor de ces derniers qui sont développés sur une zone d’influence homogène (rayon de 15 km) disposant de potentialité orientée autour d’une ou de deux filières dominantes. « Ces zones présentent les mêmes intérêts mais aussi les mêmes préoccupations, cela constitue un atout facilitant l’identification et la mise en œuvre des actions », relate le président de l’association villageoise Mamirano dans le village d’Andavaniobe à Soanierana Ivongo. Et pour booster l’économie locale, chaque pôle est doté d’un Centre d’Accès au Marché (CAM) où les paysans peuvent collecter, stocker ou transformer et commercialiser leurs produits. Bons nombres d’associations paysannes et de simples paysans en ont tiré profit : « finie la période de soudure, dorénavant, nous pourrions dégager des bénéfices à l’issue de chaque saison agricole », se félicite Jacques Armand, un père de famille. Le programme a appuyé et équipé les pôles de développement par le biais de formation des unions paysannes dans la gestion des centres d’accès au marché, de dotation en fonds de roulement et équipements des CAMs, de dotation en fonds pour l’amélioration de l’agriculture, d’appui aux opérateurs commerciaux locaux, de désenclavement des pôles, d’entretien des pistes rurales et des sentiers des piétons... Les impacts des actions menées sont immédiatement ressentis par les bénéficiaires. Pour eux, l’essentiel serait de concentrer les efforts : « nous avons besoin d’école, de bornes fontaines, de pistes, d’engrais… il nous faut tout cela, ensemble, en même temps, pour asseoir un vrai développement », martèle le Vice président du FRAM.

« A quoi nous sert une école si nos enfants sont malades ? » Auparavant, les activités lancées dans la région d’Analanjirofo sont souvent isolées et insuffisantes pour espérer un développement global de la communauté. Soit les paysans disposent de terre à travailler mais manquent de l’argent pour se procurer d’engrais ou de semences, soit ils possèdent de l’argent mais ne savent ni lire ni écrire pour monter un dossier de projet quelconque, soit ils ont assez de récoltes mais ont de problèmes à les écouler ou sont confrontés à des problèmes d’enclavement. Le président de l’association d’Andavaniobe se pose une réflexion : « à quoi sert une école si nos enfants sont malades ? Des hectares de terres, s’il n’y a pas de quoi les rentabiliser ? Des tonnes de piments sans débouchés ? Des paysans sans terres ? Le chef de département production du PPRR, Jean Luc RANAIVOMANANA estime que « tous ces aspects doivent être pris en compte pour s’attendre à un développement plus rapide des paysans. » Les techniciens du programme, dans leurs propres jargons, apportent plus d’explication sur leur approche : « nous sommes en présence d’un développement dit « intégré », où tous les aspects liés au développement de l’homme sont considérés » relate le responsable en organisation paysanne du programme. Selon ce responsable, c’est la stratégie répondant au mieux à l’objectif fixé par le programme : la réduction de la pauvreté. Selon une spécialiste au développement rural, Rahelimalala, beaucoup d’autres localités du pays souffrent de manque de coordination des actions entreprises et sont victimes de projet parachuté. « Un vrai développement doit répondre aux besoins fondamentaux des habitants et tenir compte de tous les aspects de la vie des bénéficiaires. Ce manque de synergie est une entrave au développement des ruraux à Madagascar », affirme la spécialiste.

Patrick Andriamihaja et Mamy Andriatiana Médiascope

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